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- La Porte — Le passage entre deux mondes
Par Thierry Quéré
Je me tiens devant la porte imposante d’une église romane, mais je pourrais être n’importe où.
Devant une temple, devant ta maison, devant un choix de vie. Une porte n’est jamais qu’un morceau de bois : elle est un seuil qui observe, un seuil qui attend. Je me pose intérieurement la question: Puis-je entrer? La porte est elle fermée ?

Et voici ce qu’elle me murmure.
« On ne se tient jamais devant une porte par hasard.
Alors dis-moi…
Cherches-tu la paix ?
Une réponse ?
Un renouveau ?
Ou seulement un refuge pour souffler un moment ? »
Je ne sais que répondre.
La porte poursuit :
Je suis le passage que tu redoutes et que tu désires
« Regarde-moi bien, toi qui es venu jusqu’ici. Derrière moi se trouvent des choses que tu ignores encore. Devant moi, il y a ta vie telle qu’elle est aujourd’hui.
Je suis l’espace entre deux mondes :
le profane et le sacré,
le connu et l’inconnu,
le visible et l’invisible.
Dans la Bible, le Christ dit :
“Voici, je me tiens à la porte et je frappe.
Si quelqu’un entend ma voix et m’ouvre,
j’entrerai chez lui…”
Ce passage n’est pas seulement religieux : il signifie que chacun est une porte. Chacun choisit d’ouvrir ou de rester fermé à la lumière, à la connaissance, à la transformation. »

Je suis le passage que tu n’oses pas toujours franchir
Je ne suis ni simplement ouverte, ni simplement fermée :
je suis un miroir.
Je reflète l’état de ton âme au moment où tu t’arrêtes devant moi.
Si je te semble lourde, close, intimidante, c’est peut-être parce qu’une partie de toi résiste encore à changer. Si je te parais lumineuse ou accueillante, c’est que tu es prêt à avancer.
Je suis la frontière que les anciens respectaient
Les plus grands mystères ont toujours été dissimulés derrière des portes interdites : les portes du ciel, les portes de la mort, celles du jardin perdu d’Adam et Ève, les portes des temples d’Égypte et de Grèce, parfois sculptées uniquement pour les âmes.
Dans certaines cryptes, on m’a taillée exprès trop basse : pour entrer, il faut se courber. C’est un rite ancien : tu n’accèdes à la connaissance qu’en déposant ton orgueil.
Que je sois réelle ou symbolique, je représente toujours la même chose : un passage initiatique. Une petite mort. Une naissance nouvelle.

Je suis un choix
Une porte ouverte peut offrir : accueil, liberté, avenir.
Une porte fermée peut offrir : protection, intimité, silence.
Mais une porte, quelle qu’elle soit, te demande toujours :
Vas-tu rester dehors ? Ou vas-tu choisir d’entrer ?
Car franchir un seuil, c’est accepter qu’une étape s’achève pour qu’une autre commence.
Rien ne change vraiment dans ta vie tant que tu ne dis pas oui. La porte ne s’ouvre pas seule : elle s’ouvre parce que toi, tu as décidé d’avancer.
Je suis un symbole universel
Rê traverse douze portes pour renaître chaque matin. Janus, maître des seuils, regarde le passé et l’avenir à la fois. Dans les contes, les portes mènent vers d’autres mondes. Dans la Bible, le Christ frappe à ta porte intérieure et attend que tu consentes à l’ouvrir.
Je suis l’ensemble de ces traditions. Je suis l’accès, l’initiation, la limite, et l’invitation.
Je te pose une question
La porte se tait un long moment. Puis elle dit, plus doucement :
« Oublie le bâtiment.
Oublie la pierre.
Oublie l’église.
Il ne s’agit pas de moi.
Il s’agit de toi.
Je ne peux pas te dire si je suis ouverte ou fermée. C’est toi qui dois le ressentir.
Alors dis-moi…
Que fais-tu là? »